Programme


Colloque International CNAJMJ et INSOL Europe 
sur les préoccupations environnementales dans les procédures d'insolvabilité

avec la participation de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Arguments en faveur de la maximisation de la valeur à long terme

Lundi 23 mars 2026
Tribunal des activités économiques de Paris

À l'échelle mondiale, les gouvernements, les scientifiques et les acteurs des marchés financiers ont pris conscience que les questions environnementales ont un impact direct tant sur l'humanité que sur le système financier mondial.

Alors que les entreprises sont en risque d’insolvabilité à mesure que les économies s'adaptent aux contraintes et aux opportunités environnementales, les cadres juridiques en matière d'insolvabilité ne permettent pas encore l'élaboration de bonnes pratiques ou de politiques permettant de suivre le rythme de ces changements. Cependant, le droit de l'insolvabilité peut être un outil facilitant la transition des entreprises vers des activités compatibles avec l'environnement.

Cette conférence examinera la nature des risques, la meilleure façon d'aider les entreprises et les autres acteurs économiques à s'adapter et à contribuer aux objectifs internationaux de transition, la possibilité de prendre en compte les considérations environnementales dans le choix des solutions d'insolvabilité, et les outils qui pourraient être nécessaires pour promouvoir la coopération transfrontalière si le droit de l'insolvabilité doit véritablement tenir compte des questions climatiques et environnementales. 

Détail du programme



8h30 - Café de bienvenue

9h - Discours d’ouverture
  • Patrick Sayer, président du Tribunal des activités économiques de Paris
  • Florence Tulier-Polge, administrateur judiciaire, présidente du Conseil national des administrateurs judiciaires et des mandataires judiciaires (CNAJMJ)
  • Frances Coulson, présidente de l’association Insol Europe (IE), Responsable de l'équipe Insolvabilité et Restructuration, Wedlake Bell, Londres, Royaume-Uni
  • Allocution de Mme Joubin-Bret, Secrétaire de la CNUDCI
9h30 - Introduction
  • Janis Sarra, professeur de droit, Université de Colombie-Britannique (UBC), Peter A. Allard School of Law et Canada Climate Law Initiative
10h - Table ronde 1
La relation entre les préoccupations environnementales et le droit de l'insolvabilité

Modérateur :
  • Cristiano Martinez, directeur du département juridique, Banca d‘Italia
Intervenants :
  • Irit Mevorach, professeur de droit, Université de Warwick, Royaume-Uni
  • Julien Théron, professeur de droit, Université Paris I – Panthéon Sorbonne
  • Annaëlle Paulian, doctorante, Université Paris I – Panthéon Sorbonne
  • Gérard Jazottes, professeur de droit, Université Toulouse Capitole
  • Raquel Agnello KC, juge aux affaires commerciales et d'insolvabilité, Angleterre  

Cette table ronde examinera la question fondamentale qui se pose à l'intersection du droit de l'insolvabilité et des préoccupations environnementales. Cette réflexion s'inscrit dans le cadre du débat de longue date sur le rôle des procédures d'insolvabilité : doivent-elles se concentrer uniquement sur les intérêts des créanciers existants ou poursuivre des objectifs sociaux plus larges ?

La discussion explorera la manière dont les considérations environnementales s'inscrivent dans ce spectre et déterminera si les préoccupations d'intérêt public doivent influencer l'issue des procédures d'insolvabilité uniquement dans des secteurs spécifiques à haut risque soumis à des régimes spéciaux, ou plus largement, compte tenu des dommages environnementaux généralisés. 


11h - Pause-café

11h30 - Table ronde 2
Comment intégrer la protection de l'environnement dans les procédures d'insolvabilité ?

Modérateur :
  • Elsbeth De Vos, juge senior au tribunal de district d'Amsterdam 
Intervenants :
  • Stephan Madaus, professeur de droit, Université Martin Luther de Halle-Wittenberg, Allemagne
  • Constance Marécheau, magistrate, ministère de la Justice, Direction des affaires civiles et du sceau – DACS, France
  • Pablo Castanon, mandataire judiciaire, SELARL ASTEREN, Paris 
  • Flavius Motu, juge au tribunal spécialisé de Cluj, Roumanie 

L'objectif de cette discussion sera de recueillir les avis d'experts sur les moyens techniques et les options permettant de prendre en compte les préoccupations environnementales dans les procédures d'insolvabilité. Il pourrait s'agir, par exemple, de la manière dont le pouvoir discrétionnaire est exercé dans l'approbation des plans de restructuration ou de liquidation, en vue de soustraire éventuellement les actifs ou les activités des débiteurs en difficulté des activités nuisibles.

Le groupe d'experts examinera également le rôle des responsabilités environnementales (responsabilités héritées), y compris les options pertinentes de décharge/renonciation, la possibilité de nommer un administrateur ou un représentant similaire des parties prenantes pour défendre l'intérêt public, et l'effet des normes comptables et des exigences financières qui visent à évaluer le niveau de durabilité des activités. 

12h30-14h - Déjeuner Cocktail

14h - Table ronde 3
Les obligations des administrateurs et des sociétés mères en cas d'insolvabilité imminente 

Modérateur : 
  • Christel Dumont, avocate senior, Dentons, Luxembourg

Intervenants :
  • Florian Bruder, avocat, associé chez DLA Piper, Francfort / Munich, Allemagne
  • Irit Mevorach, professeur de droit, Université de Warwick, Royaume-Uni
  • Sheila Neder Cerezetti, professeur de droit, Faculdade de Direito da universidade de São Paulo, Brésil
  • Romain Dumont, Maître de conférence, Université Paris I – Panthéon Sorbonne 

Cette table ronde examinera comment les obligations des administrateurs et des sociétés mères en matière d'insolvabilité recoupent les questions environnementales. Elle explorera les lois nationales et les normes internationales actuelles et évaluera comment ces cadres influencent les comportements et comment ils pourraient être adaptés pour créer des incitations à prendre en compte les externalités environnementales.

La discussion portera sur la manière dont ces obligations peuvent contribuer à prévenir les dommages environnementaux et à augmenter les sources d'indemnisation pour les dommages causés, réduisant ainsi les charges futures pour les créanciers et les contribuables. 

15h - Table ronde 4
Aspects transfrontaliers – Quel rôle peut jouer la CNUDCI ? 

Modérateur
  • Jean-Luc Vallens, juge honoraire, ancien professeur associé et ancien délégué français à la CNUDCI  
Intervenants :
  • Hon. James Peck, ancien juge du tribunal des faillites américain et juge international en exercice à la Cour commerciale internationale de Singapour
  • Miha Zebre, Commission européenne, DJ JUSTICE
  • Janis Sarra, professeur de droit, Université de Colombie-Britannique (UBC), Peter A. Allard School of Law et Canada Climate Law Initiative
  • Constance Marécheau, magistrate, ministère de la Justice, Direction des affaires civiles et du sceau – DACS, France
Cette table ronde examinera les modifications spécifiques à apporter au Guide législatif de la CNUDCI sur le droit de l'insolvabilité et aux lois types transfrontalières, en s'appuyant sur les questions abordées lors des tables rondes précédentes.

Les experts examineront les développements dans la formulation du rôle et des objectifs (communs) du droit de l'insolvabilité, sur la base du concept d'équité (substantielle et procédurale). Les modifications apportées aux textes de la CNUDCI pourraient inclure la reconnaissance des risques/impacts financiers environnementaux et la manière dont ils pourraient être hiérarchisés et traités dans la conception des mécanismes de traitement des risques d'insolvabilité, dans les procédures d'insolvabilité et dans l'insolvabilité transfrontalière. L'impact environnemental devrait-il influencer les choix dans le contexte de l'insolvabilité ? Pouvons-nous améliorer les cadres transfrontaliers et, éventuellement, prendre en compte la situation relativement plus précaire des communautés vulnérables qui sont gravement touchées, en particulier dans les pays du Sud, y compris la possibilité de refuser la reconnaissance et l'exécution des procédures étrangères qui ont des effets négatifs sur les préoccupations environnementales locales ? La courtoisie internationale peut-elle être un outil utile dans ce contexte pour promouvoir la reconnaissance et l'aide ? 

Une question ?